samedi 11 mars 2017

Norse Mythology

Dernier livre de Neil Gaiman, Norse Mythology est une réécriture en langue moderne des différents mythes nordiques. Le lecteur est ainsi invité à suivre les différents dieux du panthéon nordique : Thor, Odin, Loki, Freya, Balder, etc. dans des aventures qui s'étendent de la création du monde à sa fin, Ragnarök,, voir un peu au delà.

La force de Gaiman est de proposer une version en langue moderne des mythes. Son écritures fluide et son sens de la narration font ainsi merveille et la lecture des différentes mythes nordiques est un vrai plaisir. La version audio est de plus lu par l'auteur lui même qui est un très bon lecteur.

La faiblesse du recueil, si l'on peut parler de faiblesse, est peut-être de n'être justement qu'une réécriture des mythes connus. Le lecteur familier avec les sagas de ces divinités ne trouvera ici rien à ce mettre sous la dent : points de points de vue alternatif, de nouvelles péripéties ou de de version alternatives des mythes. C'est également la force du recueil qui est de proposer une version limpide et agréable à lire des mythes.

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lundi 6 mars 2017

Au bal des actifs : demain le travail

Au bal des actifs : demain le travail est une anthologie de douze nouvelles, parue fin février dernier aux éditions La Volte, qui propose le regard de douze auteurs de science-fiction sur la monde du travail.

Arrivé à la fin de la lecture de ce gros recueil (624 pages tous de même) deux constats s'imposent : la qualité des nouvelles est excellente et la vision du travail de demain que le lecteur a au travers d'elles est bien sombre.

La précarité est là dans les nouvelles d'anticipations : comme "Pâles Mâles" de Catherine Dufour qui pousse au maximum la logique d'überisation du travail en suivant une jeune femme qui vit, mal, de petits boulots, mandats peu payés (et parfois assez étranges), ou "Canal 235" de Stéphane Beauverger  qui suit un gigolo qui a gagné un procès pour viol (comme victime) dans un futur où là aussi précarité, petits-boulots et invasions de la vie privé sont légion. C'est le cas également de "Nous sommes une grande famille" de Ketty Steward où les chômeurs sont suivis à distance et évalués.

Le travail comme finalité ou au service d'une élite dans les dystopies de Karim Berouka, "Nous vivons tous dans un monde meilleur" où monde dirigé par un ordinateur ne tourne que autour du travail, de la traque aux syndicalistes et à l’ascension sociale (par le travail et la conformité), ou de Emmanuel Delporte, "Vertigeo" où il faut monter toujours plus haut en construisant la Tour.

La toute puissance des multinationales dans "La Fabrique de cercueils" de L. L. Kloetzer où des travailleurs traitent, à la chaine, des individus en animation suspendu en vu de leur envoie dans l’espace, ou de "Le profil" de Li-Cam où les multinationales sont devenus de tribus auquel les individus s'identifient complétement.

La gamification du travail, avec une évaluation des individus, est au centre de "coÊve 2015" de Norbert Merjagnan, et transparait également dans la nouvelle de Karim Berouka.

La créativité est au centre de "Serf-made-man ? ou la créativité discutable de Nolan Peskine" de Alain Damasio qui montre que même dans ce qui semble une Utopie (revenu universel pour tous, automatisation du travail qui libère les individus du travail lui même) la parte de sens et la compétition forcenée des élites est aliénante.

Finalement deux nouvelles qui discutent du travail de l'écrivain même : le très surprenant "Le Parapluie de Goncourt" de Léo Henry qui consiste aux allers retours entre l'écrivain et ses relecteurs et éditeurs pour arriver à la nouvelle en question, et " Parfum d'une mouffette" de David Calvo qui propose un échange entre un auteur et les différents services de son éditeur dans un futur proche (ou comment mettre en avant le statut précaire de l'auteur sous couvert de la science-fiction).

Au final donc un recueil de qualité, dont le seul défaut est peut-être la vision très sombre sur le devenir du travail et des travailleurs; réalisme, avertissement ou pessimisme l'avenir le dira....

vendredi 3 mars 2017

The Bear and the Nightingale

Premier tome d'une trilogie, bien que la fin ne le laisse pas forcément présagé, The Bear and the Nightingale de Katherine Arden est une fantasy basée sur les mythes slaves et se déroulant dans la Russie médiéval.

Vasilisa est la fille d'un seigneur du Nord, sa mère, morte en couche, était en partie du monde des créatures des bois et des contes. Dans un monde où le Christianisme remplace peu à peu les vielles croyances, Vasilisa a le don de double vue, elle perçoit les créatures de l'ancienne religion. Elle n'est pas la seul, sa belle-mère le peut aussi, mais là où cette dernière croit voir le Malin, Vasilisa sait qu'il ne s'agit que de créatures vivants en bonne harmonie avec l'homme.

Réveillant l’intérêt du démon/prince de l'hiver, Vasilisa passe une enfance heureuse et une adolescence marquée par les avertissements sur un mal qui s'éveille et la méfiance du prêtre, de sa belle-mère et, peu à peu, des habitants du village où elle vit.

Le lecteur est invité à suivre l'enfance et l'adolescence de Vasilisa dans un roman bien écrit et intéressant. L'utilisation de la mythologie slave donne une touche d’originalité (du moins du point de vu du lecteur occidental que je suis) bien venu. Le seul reproche que je trouverai au roman c'est un certain déséquilibre entre la montée de la menace et l'arrivée de celle-ci. En sachant maintenant que c'est le premier tome d'une trilogie (je le répète ce n'est pas du tous apparent arrivé à la fin de la lecture) cela s'explique sans doute par le fait que ce premier tome est le début du "voyage" de l'héroine.

En bref une très bonne lecture.

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jeudi 2 mars 2017

Le mois d'Estelle Faye sur Book en Stock

Ceci est un message de service :

Chez Book en Stock, le blog d'en face, c'est le mois d'Estelle Faye.

Pour la sortie de son nouveau roman, chez Critic, Les Seigneurs de Bohen, le blog propose aux lecteurs de poser des questions à l'auteure :

Déjà deux pages d'interviews sont disponibles (ici et ici) et il est possible de lui poser des questions.

Plus tard dans le mois je chroniquerai Les Seigneurs de Bohen qui m'a gentillement été envoyé par Book en Stock et les éditions Critic.



mardi 14 février 2017

Retrofuturo

Retrofuturo una mirada a los años 70 est une anthologie espagnole, publiée fin 2016, proposant neuf nouvelles de la part de "quelques uns des meilleurs auteurs du genres" (espagnols bien sur) se déroulant dans les années septante ou basé sur un imaginaire issu de cette décennie.

Dans l'ensemble les nouvelles proposées sont intéressantes et bien écrites, mais je reste dubitatifs sur les liens de certaines nouvelles avec les années septante.

Dans celles qui m'ont laissé un peu sur ma faim l'on trouve :

"Trabante" de Marián Womack : une histoire d'amour et de jalousie dans une petite ville minière surveillée en permanence par une famille. Fondamentalement le texte n'est pas mauvais mais je ne suis pas rentré dedans.

"Haitzlurra" de Cristina Jurado Marcos : dans un pays basque coupé du reste du  monde par une ceinture de fumée toxique, des réfugiés viennent chercher refuge dans une région au système politique et sociale à mi chemin entre le communisme et le communautarisme. Une fois encore la nouvelle n'est pas mauvaise en soi, mais je suis resté également un peu sur le seuil de l'histoire.

"Son ilusiones" de Juan Manuel Santiago : une nouvelle utilisant les références musicales que je n'ai pas et qui m'a donné du fils à retourd.

Les autres qui m'ont plus d'avantage :

"Transición" de Jesús Cañada une nouvelle assez déstructurée sur un membre de gang blessé et la mort de Franco, surprenante dans le bon sens du terme.

"Los ojos" de Colectivo Juan de Madre raconte l'histoire du mouvement des humanos monocordes, une secte qui s'incruste dans le corps une pièce mécanique, construite dans les années septante, et qui produit une note. Une nouvelle weird de très bonne facture.

"Ego te absolvo" de Nieves Delgado est une excellente nouvelle qui voit l'arrivée d'une IA très performante dans les Églises. La nouvelle, centrée sur un prête espagnol qui voit d'un œil suspicieux l'arrivée de la machine est très intéressante.

"Noche de carne en Harlem" de Alejandro Álamo est la rencontre entre le cyberpunk, les histoires de police afro et Harlem des années septante : un mélange explosif.

"Hospital Clarence Halliday para juguetes enfermos" de Tamara Romero est une intéressante nouvelle se déroulant le jour du premier pas de l'homme sur la lune. Alors que les animaux de compagnies sont interdits, les fabricants de jouet propose des poupées en partie vivantes, l'une d'elle est malade et la mère de l'enfant à qui le jouet appartient l'amène dans une clinique spécialisée...

"Vacaciones" de Guillem López suit deux policiers politiques à Valence dans la traque d'un dangereux agitateurs; le twist, peu utilisé dans la nouvelle, c'est que Valence, en 1972, flotte à plusieurs centaine de mètre au dessus du sol : classique mais sympathique.

"Crónicas de la ciudad de Kwoloon" de Layla Martínez narre "l'invasion" de la cité de Kwoloon par l'armée chinoise du point de vu de l'un de ses habitants qui a une relation symbiotique avec la cité.

"La máquina de los deseos" de Sofia Rhei suit une écrivaine anglaise qui, en acceptant l'invitation d'un cercle de lecture, va se retrouver prise au piège d'un homme qui pense que son dernier roman parle de lui et de sa fille. Une nouvelle entre le fantastique et la science-fiction fort sympathique.

Au final Retrofuturo una mirada a los años 70 fut une lecture agréable même si le thème de l’anthologie ne me semble pas toujours bien utilisée.

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mercredi 8 février 2017

After Atlas

Se déroulant dans la continuité de Planetfall, mais sur Terre et quarante ans après le départ du vaisseau Atlas, After Atlas suit le fils d'une des voyageuses ayant quitté la Terre.
 
Abandonné petit, avec son père, par sa mère, Carlos Moreno vit ses premières années livrés à lui même dans la maison familiale, il rentre, à la suite de son père, ensuite dans une secte "The Circle" qui prône le retour à une vie simple, sans technologie invasive (tel que les imprimantes qui permettent à tous à chacun d'imprimer nourriture, vêtements, outils, ou encore les puces implantés qui connectent les individus aux réseaux).
 
Quittant à l'adolescence la secte, dirigée par un autre abandonné d'Atlas, le charismatique Alexandro Casales, il devient un enquêteur hors-paire du ministère de la justice du Norope (l'entité formée par l'ex-Royaumes-Unis et la Scandinavie) dans un monde où la résolution d'un crime consiste principalement a exploité les nombreuses traces laissé par les individus sur les réseaux et les caméras publiques et privées.
 
Le monde de After Atlas est hautement technologique mais aussi sombre : les Etats-Nations ont soit disparu au profit de corporations ou fusionnés avec elles. Carlos n'est d'ailleurs pas un homme libre, mais un outil propriété de l'état qui a tous pouvoir sur lui et exploite ses compétences.
 
C'est dans ce contexte que Alexandro Casales est retrouvé mort dans un hôtel près de Londres. L'imbroglio juridique donne l'enquête à Carlos qui doit à la fois résoudre le meurtre et faire face aux rancœurs et démons de son passé. L'enquête, bien évidement, prendra une tournure inédit aux enjeux très importants.
 
Roman où la psychologie du personnage est très finement et richement rendu, After Atlas est une enquête passionnante, une plongée dans les méandres de ce qui forme l'humanité (dans un autre registre que Planetfall, mais également comme celui-ci) et un roman très riche. A titre personnel, il m'a plus d'avantage que Planetfall, mais c'est objectivement une question de goût plus que de qualité.
 
Arrivé à la fin de ma lecture, je me prend à espérer un troisième roman qui explorent les implications des fins des deux premiers.

L'avis de Gromovar.

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mercredi 1 février 2017

Les papillons géomètres

Roman d'enquête spirtiste se déroulant dans le Londres des années victoriennes, Les papillons géomètres voit un spectre sans nom, il se fait appeler "l'Enquêteur" s'allié à une médium afin de retrouver l'âme d'une femme morte qui ne s'est pas présenté à son "rendez-vous" annuel avec son époux (accessoirement ce dernier est porté disparu également).

Le roman alterne entre les points de vue du spectre et de la médium et, outre l'enquête, fait découvrir aux lecteurs un monde occulte, en marge du notre, où un groupe de spectres œuvre ensemble à l'avancée d'un mystérieux projet.

Si le court roman est bien écrit et propose une enquête est des mystères intéressants, ainsi qu'une ambiance originale, j'avoue reste un peu sur ma faim. En effet, les mystères les plus intéressants (la quêtes des spectres et les origines de l'Enquêteur) ne trouvent pas de réponse (une des scènes du roman reste d'ailleurs relativement cryptique arrivé à la fin de ce dernier). Je ne peux qu'espérer que d'autres romans dans le même univers viendront répondre à ces interrogations; et vue la qualité de l'écriture je serais alors au rendez-vous.
 
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