dimanche 26 juillet 2009

Glissements

Glissements, sous titré une anthologie de troubles topographiques est un recueil de nouvelle, tiré à 70 exemplaire, paru à l'occasion des cinq ans des éditions les moutons électrique (pour les curieux, au moment où j'écris ses lignes, ils en restent à la vente) . Elle propose neuf nouvelles, dont quelques OVNIS et quatre inédits, toutes liées à des espaces (géographiques, topographiques, temporels, mathématiques, etc.) étranges et déformés. Le géographe qui sommeille profondément en moi ne pouvait qu'être attiré par une telle anthologie. Je dois dire qu'après lecture, je garde un excellent sentiment de ce recueil, même si certaines nouvelles sont vraiment étranges... elles auront par contre eu le mérite de m'avoir marquées.

"Notre-Dame d'Heisenberg", de Xavier Mauméjean, est une nouvelle très poétique se déroulant en Espagne durant la guerre civile. Des dibujantes ont le pouvoir de projeter la topographie dans les nuages et s'en serve pour tenter de concrétiser le rêve de Lorca d'une Espagne unie.

"La racine éphémère des nouveaux tenseurs", de Daylon, est un véritable OVNI qui projette le lecteur dans un futur où les flux mathématiques sous-tendant l'univers sont devenus accessibles aux hommes qui peuvent ainsi tordre les lois de la physique. Mais dans ce monde en guerre, une jeune soldat et un informaticien sont sur le point de modifier profondément le rapport des hommes à l'univers.

"La vielle maison sous la neige où personne ne va sauf toi et moi ce soir", de Rhys Hughes, débute comme une histoire classique qui voit deux aventurier partir à la recherche d'une maison abandonnée. La nouvelle tombe dans le fantastique lorsque cette maison commence à s'enfoncer dans un lac sans fond et rencontre inlassablement de nouvelles maisons de plus en plus grandes.

"Nomlieu", de Jacques Mucchielli, nous propulse dans une tour gigantesque où un employé d'une compagnie privée devenue une caméra vivant sera pris dans un combat entre habitants de la tour et ouvriers qui la construisent.

"Disparus", de John Crowley, met en scène un futur proche où un étrange vaisseau extraterrestre envoie des humanoïdes faire une étrange proposition à l'humanité.

"Ce que regarde l'Oeil", de Timothée Rey, nous envoie sur une planète étrange ou des milliers d'yeux dans le sol sont la seul source de subsistance de ses habitants; mais se rendre sur l'œil est dangereux.

"Le premier transversal", d'Harry Morgan, est une nouvelle sur le voyage dans le temps. Un professeur d'université acariâtre découvre dans sa maison une porte le menant 24 heures dans le passé. Il commence alors, de manière scientifique, à en explorer les possibilités.

"Soulever encore le poids de nos montagnes", de Léo Henry, est une nouvelle triste et fantastique, se déroulant à New York, sur l'esclavage et le déracinement.

"Nulle part à Liverion", de Serge Lehman, est une nouvelle d'anticipation dans un monde sur le point d'être dominé par les multinationales. Un jeune chercheur découvre pourtant un coin de terre qui n'apparait sur aucune carte et qui excite la convoitise des puissants.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

C'est très alléchant, merci pour le descriptif / résumé des nouvelles, mais 30€ le recueil de 220 pages, c'est aussi très cher, dommage, ce ne sera pas pour moi.

Cédric Jeanneret a dit…

c'est hélas, il est vrai, le "défaut" de cette anthologie : tirage limité et reliure rigide en font monter le prix.